L’INTÉRIEUR DE MON CRÂNE FRAPPÉ PAR TOUT

Chaque bruit, chaque chose attrapée, chaque objet tombé, déclenche un son qui vient frapper contre mes oreilles Rebondir jusqu’à mon cerveau Et je dois comprendre les sons que je perçois Je dois les analyser Pour un semblant de familier Pour qu’ils se fondent avec tout le reste

Heureusement j’ai mon casque sur les oreilles, ma capuche, et maintenant le masque qui me cache -avec lequel j’étouffe par contre-, mes mains dans mes poches, je suis comme enroulée – cachée – compressée – un peu protégée
Y’a la lumière et les odeurs aussi. Parfois trop tamisée, parfois trop lumineuse. Désagréables, nouvelles – ça pénètre tout mon corps et bloque mes pensées.

Chaque souvenir Chaque traumatisme plane au dessus de chacun d’entre eux Tous ces gens partout – Ils avancent – Je zigzague – je stoppe – je me perds – je fais demi tour – Et je ne sais plus où je suis

Je me créé mon cocon – j’essaye comme je peux – Ma bulle – Je n’ai que moi à m’occuper là – Je gère De toute façon Faut gérer Y’a pas d’autres solutions qui apparaissent là Faut bien manger à un moment donné Allez Je sais que je peux y arriver J’aurais « plus qu’à » décompresser des heures ensuite et là Je n’ai « qu’à » les éviter, fuir leurs regards, me concentrer sur ma liste. Je prends sur moi. Encore. Comme d’hab.


Oh nan je panique Je n’ai plus de batterie Où est ma musique ? Eh merde en plus j’entends leur radio de merde. J’entends les violences. Merde merde merde. J’ai envie de pleurer. Pourquoi j’ai pas rechargé mon tel ? J’me sens nulle de ne pas y avoir pensé. J’aurais du écrire sur une liste ce que j’ai à faire et à amener avant d’y aller, pour les prochaines fois.

Mais oui tiens ma liste d’ailleurs ?
Bon JPP là Trop c’est trop J’ai envie de crier ou fuir – Ha oui mais j’ai pas encore payé et j’peux pas laisser toussa ici
J’ai pas envie de finir cette liste
Et si j’en oubliais volontairement ? Euh pourquoi je pense à ça moi ? Bah nan Ça se fait pas,les enfants attendent après moi C’est eux qui l’ont écrite, jpeux pas leur faire ça Allez courage Il reste 3 trucs Tu peux le faire- juste à me concentrer et AU PIRE…je demanderais de l’aide si jamais


Bon voilà le grand air
Ça me caresse le visage C’est doux Ça m’a donné faim tout ça
Maintenant va falloir porter tout ça Y’a beaucoup trop de route – J’ai mal Les gens m’observent galèrer Parfois même Mes techniques de transport vers chez moi les font sourire (oui c’est très élaboré, disons que j’ai pris l’habitude quoi – mais j’aurais préféré ne pas avoir à le faire tu sais) Mais rarement ils me proposent de l’aide Ou alors peut-être que ceux qui l’ont déjà fait, l’ont fait avec des intentions autres Bref Je veux pas savoir. J’ai pas besoin de savoir. J’ai besoin d’aide. De n’importe qui. Maintenant. Venez m’aider à tout porter Eh Oh j’ai mal, un peu d’empathie nan? Ha bah nan. Personne ne m’entend. Je parle dans ma tête.
J’ose pas demander, j’ai peur de gêner.
J’aurais pu y aller en plusieurs fois tu me diras ? Mais j’ai tellement mis de temps à me décider à y aller La réserve s’est vidée entre temps… et là yavait plus le choix – peut-être que je me suis trop écoutée ? C’est possible ça ? Quoi qu’il en soit maintenant j’ai tout à rattraper – et mon réservoir vidé

En réponse à : « – Euh mais Kirstin tu sais c’est « juste » des courses, après tout c’est quoi le problème ? »

Le voilà le problème 🖕🏻

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  1. Pourquoi je m’intéresse autant aux violences systémiques ? – Rédactrice Correctrice
  2. Lorsque j’étais enfant je n’y croyais pas que mes parents pouvaient m’Aimer puisqu’ils m’abandonnaient quotidiennement. – Rédactrice Correctrice

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