Pourquoi je m’intéresse autant aux violences systémiques ?

Je me suis sentie oppressée de toutes parts durant toute ma vie (oui oui je pèse mes mots, c’est moi qui porte les maux) : Adultisme, VEO (Violences Educatives Ordinaires), Séparatisme, Sexisme, Validisme, Autismophobie, Grossophobie, Psychophobie, Xenophobie…
2020 J’ai besoin d’un peu plus de douceur (!)
Aujourd’hui je comprends ces oppressions grâce à toutes sortes de médias et de communautés. Je me renseigne, je lis, j’écris.
Dernièrement un ami très cher à mon cœur me l’a dit droit dans les yeux : « Oui Kirstin c’est ça T’as toujours été oppressée, rien n’est adapté à toi. Et pour moi c’est pareil. ».
Ça fait du bien de se sentir enfin légitime, soutenue, comprise, mais pardon ça ne suffit pas.
Je n’y arriverais pas. Je ne le pourrais pas. Pas comme la société est actuellement. Je ne pourrais pas, j’y arriverais pas seule.
J’ai besoin de me sentir entourée. J’ai besoin d’être réconfortée et aidée.
Et plus j’en reçois (de la douceur), plus je parle.
Mais plus je parle, plus je pleure. Plus je prends confiance, plus je suis à l’aise. Plus je me rends compte de tout depuis toujours : La société ne veut pas que je soies à l’aise et que je parle.
J’ai comme l’impression que, Au moins, quand t’es dans le déni de tes maux, t’arrives quand-même à tenir surface. Et à vivre dans ce système.
Parce que ce système est clairement fait pour des gens dans le déni.
Tu peux pas aspirer à être… quand on aspire ton être.
Mais quand t’en es enfin conscient purée tu passes des journées à pleurer – t’apprends à écouter ton corps et ton cœur – ton instinct – tes présentis – et Pardon mais ça colle pas avec ce qu’on attend de moi – ce que la société a prévu pour moi.
J’ai pas l’impression que m’écouter va m’aider ici maintenant.
Pas quand Jsuis pas #safe entourée.
Ou justement beaucoup trop entourée par des con-ditionnés.
La société elle n’aide pas les gens qui s’écoutent ( #takecarofyourself ) , elle EST les gens qui l’écoutent (autoritarisme, patriarcat, toussa )
En gros, plus je m’écoute, moins je suis aidée.
En gros plus Jsuis intègre, moins Jsuis intégrée.
Si tu arrêtes de prendre sur toi, ça va se voir, de toute façon « les gens » vont te lâcher.
Si tu sors tes enfants des bancs de l’école, si tu quittes ton CDI, personne ne t’aidera. Et surtout personne ne te félicitera d’avoir su t’écouter.
Parce que c’est ça qui compte en fait. C’est de s’écouter. On devrait pouvoir mesurer la richesse d’une population en estimant si leurs besoins sont OK et s’ils ont assez de petits plaisirs dans la vie.
J’ai besoin de petits plaisirs. J’ai besoin de m’écouter.
Mais ça colle pas. Ça colle pas avec ce qui m’entoure là actuellement.
Les services administratifs qui n’ont aucun sens, les escaliers sans ascenseur, la lumière dans les magasins, les trottoirs trop étroits, les gens cloisonnés chez eux, sans relais.
Le travail de 9h à 17h, et 35h par semaine. Les enfants surtout loin de nous, de tout.
Rien n’est adapté.
Et si je veux m’écouter en continuant de vivre avec le reste du monde, je dois améliorer les choses et changer le monde
Pour que Le Monde s’adapte à nous…
Je dois militer pour arrêter que les oppressions nous force…
Mais où est-ce que je puise ma force ?
📸Photo : Moi – tout début du confinement