L’ego.

Je m’intéresse depuis maintenant 5 années à ce terme pourtant court, mais qui compte énormément pour moi : « l’ego », et pour lequel mes questions restaient toujours sans réponse. Je n’ai pourtant jamais cessé d’en parler autour de moi, afin de trouver des réponses. Il y a alors 3 ans, lors d’un documentaire, j’entends un prof témoigner qu’au quotidien il demande aux enfants d’ « écraser » leur ego. Et que « ça fonctionne ». L’ego y est décrit comme le « petit chef » de l’enfant. J’avais alors apparemment la réponse à une de mes questions qui était « devons-nous laisser s’exprimer notre ego ? », mais cette dernière me laissait tout de même un goût amer. A ce moment de ma vie je ne connaissais pas la non-violence et ce concept décrié par cette prof -mais aussi malheureusement par tant d’entre nous encore aujourd’hui- me fit taire pendant un moment :

Puisque tout le monde avait l’air de penser que l’ego était quelque chose qu’on devait « étouffer », -mais cette réponse ne me satisfaisait pas- alors j’ai un peu mis de côté mes recherches (mais pas l’intérêt! Oh non!) pendant un temps. Jusqu’à ce que…. Deux années plus tard, je rencontre la femme qui allait devenir mon illustratrice mais surtout mon amie : Amphigary Elle m’a alors offert le plus beau cadeau qu’on ait pu me faire jusqu’ici. Un livre qui m’a servi de témoin secourable vis à vis de mon enfance, un livre qui a changé ma vie, et celle de nombreuses personnes qui ont eu la chance d’avoir ce livre entre les mains : « A moi ! lorsque l’Ego paraît ! Pour une égologie pratique » écrit par Valérie Vayer et édité en 2018 chez Les Éditions Le Hêtre Myriadis

À côté de ça j’étais en même temps en train de cheminer pour une posture nVEO et pour l’IEF, comme je te l’ai déjà expliqué dans mon dernier article : Non, on ne va pas dépenser 15380€ pour la scolarité de nos enfants, pour cette année. Tu verras justement que tout est lié. Et justement le lien on va en parler…

Lire l’article Vivre En Famille : « A moi ! lorsque l’Ego paraît !, de Valérie Vayer – Le lien d’Amour inconditionnel

Après plusieurs mois de discussions et de débats autour de ces mêmes intérêts -l’ego, mais également la nVEO et le unschooling-, nous pouvons enfin définir l’Ego et les causes de ses blessures, et répondre à nos nombreuses autres questions. Ce livre nous a permis de répondre à nos questions mais il a fait bien plus que ça. Ce livre est une révélation. Ce livre nous amène à de la culpabilité saine, celle qui nous permet d’entrer enfin en consonance : une révolution intérieure. Valérie Vayer dénonce ces violences que nous subissons tous chaque jour. Ces violences sont tellement inclues dans nos modes de fonctionnement, qu’il y a 5 ans, je n’aurais probablement pas eu le recul nécessaire pour les voir et surtout valider que – Oui, en effet, il s’agit de violences.

Les violences séparatistes : C’est le fait de ne pas être en lien avec ses enfants, c’est quand les enfants « gênent », nous empêchent de vivre « comme avant », ils sont une charge, une contrainte. C’est quand on veut qu’ils nous « laissent tranquille », c’est couper le continuum -et d’autres « fous moi la paix ». Alors -nos bébés- on les pose, on les fait « garder », en somme : ON LES ABANDONNE. On brise le lien un peu plus chaque jour… et l’ego se construit dans cet environnement violent, avec cette mère « trop occupée », et souvent bien trop loin de Lui -son Enfant-. Ce livre, et les réflexions qui en ont découlées, m’ont fait l’effet d’un effondrement. J’étais à terre et portais sur mes épaules toutes les violences séparatistes que j’avais fait subir à nos enfants et celles que j’avais moi subi (et que je subis encore) depuis toujours dans cette société séparatiste. Ce livre m’a permis de me rendre compte que je suis handicapé de l’Amour (c’est un terme que Valerie Vayer utilise pour décrire les personnes ayant été privé du lien d’Amour inconditionnel, à cause de la posture séparatiste).J’ai alors compris que l’Ego doit être entouré d’Amour, que de toute notre âme entière on doit l’aimer suffisamment pour qu’il puisse évoluer sainement.

Un ego sain c’est un ego qui n’a pas été contrôlé, qui n’a pas manqué de Lien, de confiance, de protection, de liberté, d’Amour… Grâce à ce livre, j’ai alors compris que c’était la société toute entière qui poussait nos mères à ne pas habituer le bébé à « trop » recevoir d’amour, à « trop » souvent être porté, à trop souvent dire « oui ». Selon la croyance générale, on doit habituer nos bébés à souffrir pour qu’ils s’habituent au monde d’aujourd’hui et de demain.
Cette idée me gêne beaucoup parce que le monde d’aujourd’hui, l’entourage que je me crée et le monde demain, celui que je m’imagine, sont justement sans violence. Alors ça ne me fait vraiment pas sens d’habituer mes enfants à quelque chose que je souhaite voir disparaître -la violence-. Il semble qu’apparemment nous n’avons pas la même ambition pour ce que nous souhaitons voir pour demain.

Se séparer de son enfant -en lui demandant de s’éloigner de nous ou en nous éloignant nous-même de lui – » n’est pas un besoin. C’est en fait une stratégie qui répond à un besoin. Cette stratégie est malheureusement justement celle que la société en générale (les médias etc) nous pousse à utiliser depuis des tas d’années, et de fait c’est aussi ce que nos parents nous ont inculqué. Mais pourtant non, le “besoin” d’être seul.e n’existe pas. C’est une stratégie, et parfois elle incombe aux autres de subir une séparation. Ce que nous cherchons à ne pas faire avec la posture non-séparatiste. Un enfant ne peut pas développer sainement son Ego lorsqu’il est loin de ses parents, principalement sa maman-base -comme l’appelle Valérie Vayer.

Nous cherchons donc plutôt à savoir quels sont les besoins du parent. Il s’agit parfois sûrement d’un besoin de relationnel, de récréation ou de bien-être physique, prendre soin de sa santé, etc. Ces besoins sont universels. Nous avons tous de tels besoins à remplir. Chacun sa stratégie ! Plutôt que de penser à faire garder son enfant, s’en éloigner, “avoir la paix”, “être tranquille”, etc nous cherchons comment il serait possible de remplir notre/nos besoin/s SANS la séparation subie.

En restant en lien tous ensemble

Les enfants peuvent être entourés par d’autres adultes, d’autres enfants, ils peuvent demander à aller jouer avec eux. Mais les enfants auront toujours besoin d’avoir leur maman-base à vue. Un port d’attache. Et s’ils ne demandent pas à être séparés, c’est qu’ils comblent déjà suffisamment leurs besoins près de nous.

La posture non-séparatiste permet de réfléchir à des stratégies qui nous permettent de rester en lien avec nos enfants, tout en comblant nos besoins d’adulte. Le besoin de relation est un besoin universel. Les Humains sont faits pour avoir des relations avec les autres Humains. Oui, on veut échanger/parler à nos amis. Mais cela doit-il forcément faire subir une séparation à l’enfant ? Aucun suspens, la réponse est non. Les besoins de nos enfants et nos besoins (aux parents) ne sont pas en compétition. Il faut ajuster sa vie et trouver des stratégies pour combler les besoins des deux côtés. Avec la posture non-séparatiste, nous nous plaçons du point de vue de l’enfant et de ses besoins, à contrario de ceux de la société. Aucun bébé ne demande pas à être séparé ou éloigné de ses parents. Ça arrive naturellement et bien plus tard, des années après. Notre propre base est tellement instable qu’on peine à en maintenir une solide pour nos enfants. Nous n’avons pas été Aimé. Combien d’entre nous sont réellement bien entourés (famille, amis, pro de la santé respectueux, etc) ? Combien d’entre nous participent à des cercles de femme ? Combien d’entre nous échangent lors de moment parent-enfant ? Combien d’entre nous font complètement confiance à une autre personne pour lui confier son enfant en cas d’extrême urgence ? Très peu. Trop peu parce que c’est à nous de faire les démarches, c’est à nous de sortir du cadre pour réussir à faire sortir les gens de leur case. Parce que la société les enferme, les sépare.
Sortir du cadre fait peur, parce qu’on a peur de se faire rejeter par le reste de notre communauté. Notre réaction de résignation, c’est de la protection, du à l’impuissance apprise qu’on ne nous Aime qu’à condition -ici, rester dans le cadre.

Beaucoup de personnes associent l’arrivée de l’enfant au fait qu’ils n’arrivent plus à combler leurs besoins. L’enfant devient alors -parmi les blocages limitants du parent- : un frein, une contrainte. La pensée automatique qui contrôle le système de valeur à ce moment-là et qui prend le dessus sur le lien d’Amour inconditionnel parent-enfant est dû au conditionnement parental et sociétal. Tu connais l’ « impuissance apprise » ? Nos parents nous ont déjà dit que nous les « empêchions » de faire ceci ou cela, que s’ils ne pouvaient pas faire ça et ça, c’est parce que nous, nous étions là, dans leur vie. Nos parents ont soit disant choisi telle et telle chose parce qu’ils ont des enfants, et que s’ils n’avaient pas eu d’enfants, ils auraient fait autrement. Nous -les Enfants- les empêchions de faire ce qu’ils voulaient ; de se reposer le dimanche, et puis de toute façon c’est à cause de Nous s’ils ne sont pas assez reposés tout court. Les pubs et les films, elles, nous ont fait comprendre encore une fois, que sans les enfants, les adultes s’amusent beaucoup mieux. Les adultes sont contre les enfants. De fait, les enfants doivent s’opposer aux adultes. Lorsque nous étions enfant et que nous n’avions qu’une seule envie : JOUER* AVEC NOTRE MÈRE/PÈRE. Comment aurions-nous aimé que notre parent réagisse ? Rappelle toi. Toi, l’Enfant. Ferme les yeux et souviens toi. Quel lien d’Amour entre ton parent et toi aurais-tu aimé voir conservé ? Quel lien sommes-nous en train de briser lorsque nous montrons à nos enfants qu’ils sont une contrainte et qu’il est ennuyeux de passer du temps avec eux ?

 
 
 
 
 
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Plus on mettra en place des stratégies pour répondre à nos besoins tout en restant en Lien avec nos enfants, plus l’Enfant sera materné, aimé, entouré ; plus il aura des moments de qualité avec nous ; alors ce sera moins difficile de supporter les moments sans nous. Parce que dans notre société séparatiste c’est presque inévitable (cf l’hôpital te séparera de ton enfant en cas d’urgence). Cependant ces moments restent très rares. La personne qui sera avec lui à ce moment là devra assurer le lien entre lui et l’enfant ; en répondant à ses besoins. On devra alors par la suite ne jamais minimiser son ressenti d’abandon et lui servir de témoin secourable. Nous vivons en France, en 2019, donc en effet c’est compliqué de trouver une personne respectueuse qui maintiendra le lien continuum et du coup là on parle de violence culturelle et pas de violence éducative. Il s’agit de la posture séparatiste ; qu’on nous a inculqué depuis tout petit ; Nous ne sommes pas en lien d’Amour avec nos enfants, nous avons besoin de nous en séparer « pour être tranquille », avoir du temps pour soi. Nous peinons énormément à remplir nos propres besoins en même temps que ceux nos enfants. Personne ne nous l’a appris. En France on parle beaucoup de notion de « sacrifice » : « j’ai sacrifié ma carrière pro pour mon enfant » ; par exemple ; Bref, on n’est pas aidé : toute la société fonctionne avec comme base une posture séparatiste donc c’est tout le système français qu’il faudrait revoir. Nous pouvons aussi adapter notre vie en nous entourant de personnes nVEO en qui nous avons confiance ; pour les cas d’urgence (si nous avons besoin de moments pour prendre soin de notre santé et que nous ne pouvons pas amener notre enfant) pour confier nos enfants.

Nous vivons en France, en 2019, c’est compliqué mais nous ne devons pas nous résigner à ce fonctionnement séparatiste. Certaines organisations fonctionnent, ailleurs. Pourquoi pas chez nous ? À nous d’œuvrer pour les mettre en place.

🔗29/09/2014 – 29/09/19 ❤️

 
 
 
 
 
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